Galerie Pierre Champredonde

Piéta

Atelier de LUIS DE MORALES "El divino" XVIème siècle

55 000 €

Dimensions : 44 cm x 30 cm

Categorie : art sacre

La Vierge Marie embrasse le corps inerte de Jésus, avec une expression d’intense tristesse. Malgré le fait que le Christ soit mort, son visage conserve les signes de ses tortures. Sa bouche est entrouverte, des gouttes de sang perlent sur son front. La dramaturgie de cette peinture nous rappelle ce moment où la Vierge ramasse le corps inerte de son fils. L'artiste nous montre une scène qui se concentre sur deux protagonistes, la vie qui s’exprime dans les mains enlaçantes et le regard de Vierge, et la mort, reflétée dans le corps du Christ, qui tombe sous son propre poids. Cette pureté et ce mysticisme révèlent l'influence de Luis de Morales (Badajoz, 1515-1586), dont le travail parvient toujours à transmettre le drame d’une manière simple et superbement exécutée. L'iconographie de la Vierge des Douleurs ou Dolorosa n'apparaît pas dans les Évangiles ; c'est une création née de l'exaltation du pathétique à la fin du Moyen Âge. Cependant, l'épisode se serait déroulé après la mort du Christ, soit avec son Fils sur la croix, soit après la Descente de Croix (avec le corps sur ses genoux), mais toujours avec la douleur et la solitude de la Vierge. Luis de Morales, peintre à la personnalité marquée, est peut-être le meilleur des peintres espagnols de la seconde moitié du XVIe siècle, à l'exception du Greco. Sa formation questionne, bien que Palomino en fasse un disciple du peintre flamand Pedro de Campaña, qui vécut à Séville entre 1537 et 1563. Certainement la minutie et le détail de ses coups de pinceau sont d'origine flamande et ses thèmes emblématiques sont de la fin du Moyen Âge. Mais il a utilisé une coloration et un sfumato liés à la tradition lombarde d'un Bernardino Luini et d'un Cristoforo Solario, qu'il a probablement rencontré, non pas lors d'un voyage en Italie, mais peut-être à Valence, pour rattraper son retard avec les innovations des peintres Leonardesques Fernando Yáñez et Fernando de Llanos et des peintres Raphaelesque Vicente et Juan Masip. Mais l'aspect le plus personnel de sa peinture réside dans le côté tourmenté, presque hystérique dans laquelle respirent ses personnages, plus axés sur une vie intérieure intense que sur l'action. Ce renoncement mélancolique et cette ascétisme caractérisent le climat de religiosité tendue imposé dans l'Espagne du XVIe siècle par les mouvements réformateurs érasmianistes et alumbradistes. Morales, appelé le Divin par son premier biographe, Antonio Palomino, parce qu’il n’a peint que des sujets religieux avec beaucoup de délicatesse et de subtilité, atteint son apogée entre 1550 et 1570. Dans son atelier travailleront ses deux fils, Cristóbal et Jerónimo.